FRACTURE NUMÉRIQUE CHEZ LES SENIORS DU 4E ÂGE. Observation d'une acculturation technique
Digital divide and very old seniors. A technical acculturation observation
En vieillissant, les personnes âgées (PA) accumulent les « handicaps » :
sociaux, physiques, psychologiques ou cognitifs (Gorgeon et Léridon, 2001 ;
Plonton, 2003). Il s’agit d’abord d’un déclin cognitif (avec une réduction des
possibilités d’adaptation, des désapprentissages, de la démotivation, des
difficultés de mémorisation…) et des dégradations psychologiques importantes
(marquées par une plus grande vulnérabilité psychologique, l’absence de
nouveaux investissements, une atteinte de l’estime de soi, la dépression...).
L’effritement de l’identité et du lien social est également spécifique de cette
génération (Meire, 1992 ; David et Starzec, 1996). Avec le grand âge, on
observe ainsi un repli de la personne sur le domicile et un affaiblissement
significatif de ses rôles sociaux et familiaux, une vie par procuration, des
conduites régressives (alimentation, hygiène, usages sociaux), une perte de but
et d’identité conduisant à un état d’anomie (Atchley, 1980). Ce désengagement
social s’exprime notamment par la diminution du niveau d’interaction sociale
tant par la fréquentation que par le degré d’implication. Ainsi près de 65 % des
plus de 75 ans vivent une situation d’isolement, c’est-à-dire qu’ils n’ont ni
sorties, ni relations, ni contacts téléphoniques avec des tiers (famille, amis…)
(David et Starzec, 1996). Diverses recherches se sont ainsi développées pour
cerner les attentes et besoins des PA et voir le bénéfice que pouvait produire les
technologies sur leurs conditions de vie. Ces approches regroupées sous le
terme de « gérontechnologie » s’appuient sur des dispositifs technologiques qui
peuvent aider les PA à identifier et ralentir les effets de l’âge sur les systèmes
neuronaux ou locomoteurs (Micera et al., 2008). En réduisant les diverses
dégradations sensori-motrices ou cognitives, elles peuvent améliorer la qualité
de vie et la capacité que peuvent avoir les PA à participer aux activités
journalières, à favoriser le maintien à domicile (en réduisant les séjours dans les
résidences spécialisées (hôpitaux, EHPAD1, maison de retraite…) et aussi
accroître leur autonomie. A titre d’exemples, Furness (2007) présente un sol qui
est capable de suivre les mouvements des seniors et donner l’alerte en cas de
chute, ou encore un ordinateur intégré à une armoire à pharmacie qui vérifie la
prise de médicaments et alerte en cas d’erreur. Parmi les dispositifs TIC on peut
citer les portails web comme Care Online (Osman, 2005) ou NIH Senior Health
(Morrell, 2005), les outils de messageries spécifiquement adaptées (Dickinson et
al., 2005) ou les jeux de stimulations cognitives (Activital, 2008).
C.MICHEL, M.BOBILLIER-CHAUMON, F.TARPIN-BERNARD
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