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Les Cahiers du Numérique

1622-1494
Les Cahiers du Num���������rique
 

 ARTICLE VOL 10/1 - 2014  - pp.9-18  - doi:10.3166/lcn.10.1.9-18
TITRE
INTRODUCTION. Les intelligences numériques des informations personnelles. Vers un changement de perspective pour garantir le droit à la vie privée ?

RÉSUMÉ

Faut-il aujourd’hui se soucier de protéger « la » vie privée ? Faut-il ouvrir ce questionnement aux effets possibles de l’exploitation et de l’exploration de masses de données toujours plus volumineuses ? Un tel questionnement revêt-il encore un sens, alors que la vie privée, c’est-à-dire aussi les informations relatives aux faits, gestes et préférences des individus sont de plus en plus diversement impliquées dans les environnements numériques inscrits dans notre quotidien ? À y regarder de manière globale, rien n’est moins sûr... Les individus semblent en effet s’exposer et s’observer sans grande réserve ; les systèmes utilisent toujours plus de données d’usages pour diverses applications, du marketing aux recommandations de consommation ; la perspective big data vient complexifier la circulation et les usages secondaires (et plus encore) des données. Tout cela semble renouveler les enjeux en termes de traitement des données, en termes d’usages des informations ainsi produites (notamment leur utilisation à des fins de services qui se veulent de plus en plus individualisés), en termes de capacité à s’y soustraire, aussi. Que deviennent les informations personnelles ayant trait à la vie privée dans un tel contexte ? Quelles opportunités et quels biais peuvent être générés par les dispositifs sociotechniques actuellement utilisés et annoncés comme de plus en plus présents ?

La question de la vie privée s’entend traditionnellement comme celle de sa protection. La vie privée comme valeur essentielle à l’être humain, comme valeur à défendre, s’est élaborée progressivement (Rey, 2012). C’est initialement une volonté de préserver autour de l’individu un espace qui ne soit pas soumis au regard et à l’influence d’autrui qui s’est fait jour, pour garantir à chacun la liberté de penser par soi-même, d’entretenir des liens sociaux librement choisis, de disposer de son image... en un mot de permettre de se construire pleinement comme individu. C’est au détour d’affaires que la vie privée, dans cette essence, a peu à peu été défendue contre diverses intrusions, au premier rang desquelles les risques d’intrusion émanant des gouvernements, et des grands médias de masse. Par ce mouvement, la vie privée est devenue une forteresse à défendre, au bénéfice d’un individu plongé dans des rapports de force déséquilibrés vis-à-vis des auteurs possibles d’intrusion.

Aujourd’hui encore, c’est bien souvent lorsqu’il y a problème que cette préoccupation émerge, aussi bien dans le quotidien de chacun qu’au détour d’affaires venant occuper le terrain médiatique pour quelques heures ou quelques jours. Selon les postures, c’est d’une part la fragilité de la vie privée qui est interrogée, son insuffisante protection face à quelques géants institutionnels ou économiques qui est dénoncée. Mais d’autre part, la pertinence d’une sanctuarisation de la vie privée, au risque d’en figer les contours, est également mise en question au regard de pratiques qui ne cessent d’évoluer, tant du point de vue des usagers que du point de vue des institutions et des entreprises.

Du point de vue des usagers, c’est l’essence même de la vie privée comme valeur à préserver qu’en dernier lieu les frontières mouvantes et subjectives des zones vécues comme publiques, privées, semi-publiques etc. (Cardon, 2008) semblent venir interroger. [...]



AUTEUR(S)
Bénédicte REY

LANGUE DE L'ARTICLE
Français

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